Mandalas de sable

Nos vies sont des mandalas de sable

Connaissez-vous les mandalas de sable ?


Dans certaines traditions bouddhistes, des moines consacrent des jours, parfois des semaines, à créer des œuvres d'une beauté extraordinaire. Grain après grain, couleur après couleur, ils composent des motifs d'une précision fascinante.

Puis, lorsque l'œuvre est achevée, ils la détruisent volontairement.

La première fois que j'ai découvert cette pratique, j'ai été bouleversée.

Comment peut-on consacrer autant de temps, d'énergie, de patience et d'amour à quelque chose que l'on sait voué à disparaître ?

Avec les années, j'ai compris que cette question ne concernait pas seulement les mandalas.

Elle concerne nos vies.

Je regarde mon propre parcours et j'ai parfois l'impression d'avoir construit plusieurs mandalas successifs.

Des projets dans lesquels j'ai mis tout mon cœur.
Des relations qui semblaient faites pour durer.
Des rêves soigneusement dessinés.
Des certitudes que je croyais solides.

Et puis la vie a soufflé.

Parfois doucement.
Parfois avec une force inattendue.

Ce qui me semblait acquis s'est transformé.
Certaines personnes ont pris d'autres chemins.
Des projets se sont arrêtés.
Des repères se sont déplacés.

Comme beaucoup, j'ai connu cette sensation étrange de voir disparaître ce que j'avais mis tant de temps à bâtir.

Mais aujourd'hui, lorsque je pense aux mandalas de sable, je vois les choses autrement.

La valeur d'un mandala ne réside pas dans sa durée.

Elle réside dans l'attention portée à chaque geste, dans la présence de celui qui crée et dans la beauté offerte au monde, même pour un instant.

Peut-être en est-il de même pour nous.

Nos vies sont faites de créations éphémères.

Un enfant que l'on accompagne puis qui s'envole.
Une maison que l'on quitte.
Une activité professionnelle qui évolue.
Une rencontre qui nous transforme.
Une période de vie qui s'achève pour laisser place à une autre.

Nous passons beaucoup de temps à lutter contre l'impermanence.

Pourtant, c'est peut-être elle qui donne toute sa valeur à ce que nous vivons.

Si tout était figé, rien ne grandirait.

Si rien ne disparaissait, rien de nouveau ne pourrait émerger.

Alors j'essaie, de plus en plus, de vivre comme les créateurs de mandalas.

Continuer à bâtir.
Continuer à aimer.
Continuer à transmettre.

Même en sachant que tout changera un jour.

Car le vent peut disperser l'œuvre.

Mais il ne peut jamais emporter ce que nous sommes devenus en la créant.

Et vous ?

Quel mandala êtes-vous en train de dessiner aujourd'hui ?

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